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Prévention

Inactivité physique : la cible mondiale de 2025 sera manquée, et de loin

L’OMS visait une baisse de 10 % de l’inactivité entre 2010 et 2025. Elle a progressé de cinq points. Près d’un tiers des adultes de la planète — 1,8 milliard de personnes — n’atteignent pas le seuil recommandé.

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Composition graphique abstraite évoquant une progression interrompue
Illustration de la rédaction

En 2013, les États membres de l’Organisation mondiale de la santé se sont engagés sur une cible : réduire de 10 % l’inactivité physique des adultes et des adolescents d’ici 2025, par rapport au niveau de 2010, puis de 15 % d’ici 2030.

Les données disponibles indiquent l’inverse. Entre 2010 et 2022, la part d’adultes n’atteignant pas les recommandations a augmenté de cinq points de pourcentage.

Infographie indiquant que 31 % des adultes dans le monde, soit 1,8 milliard de personnes, sont physiquement inactifs
L'ampleur du phénomène et le sens de son évolution.Schéma de la rédaction, d'après l'OMS

Ce que « inactif » veut dire ici

Le terme prête à confusion. Une personne classée inactive n’est pas immobile : elle n’atteint pas le seuil de 150 minutes d’activité aérobie d’intensité modérée par semaine, soit un peu plus de vingt minutes par jour.

L’intensité modérée correspond à un effort qui accélère la respiration sans empêcher de parler — marche soutenue, vélo tranquille, jardinage actif. Ce n’est pas du sport au sens ordinaire du mot, et cette nuance change la lecture du chiffre.

Où se situe le bénéfice le plus important

La relation entre activité physique et mortalité n’est pas linéaire. Le gain le plus marqué s’observe au passage de l’inactivité complète à une activité modeste — bien avant d’atteindre les 150 minutes.

Cette forme de courbe a une conséquence pratique que les campagnes de santé publique exploitent mal : pour une personne totalement sédentaire, la première demi-heure hebdomadaire compte davantage que les cent vingt suivantes. Fixer d’emblée l’objectif à 150 minutes peut décourager ceux qui en tireraient le plus.

ComposanteRecommandation
Activité aérobie modérée150 à 300 minutes par semaine
Ou activité aérobie intense75 à 150 minutes par semaine
Renforcement musculaireAu moins deux fois par semaine
SédentaritéRéduire le temps passé assis, à tout âge
Recommandations de l'OMS pour l'adulte.

Sédentarité et inactivité ne sont pas la même chose

La distinction est essentielle et régulièrement escamotée. L’inactivité désigne le fait de ne pas atteindre le volume d’activité recommandé. La sédentarité désigne le temps passé en position assise ou allongée en état d’éveil.

On peut être actif et sédentaire : courir une heure le matin puis rester assis onze heures. Les données suggèrent que ces deux dimensions comportent des risques partiellement indépendants, ce qui explique que les recommandations traitent désormais les deux.

Pourquoi la cible a été manquée

L’échec ne tient pas à un défaut d’information. Les recommandations sont connues, relayées, et l’intention de bouger davantage est largement partagée dans les enquêtes déclaratives.

  • L’activité physique a quitté le quotidien. La motorisation des déplacements et la transformation du travail ont retiré l’essentiel de l’activité qui ne relevait pas d’un choix.
  • Le report sur le loisir est inégalitaire. Faire du sport suppose du temps, un revenu et un environnement praticable — trois ressources inégalement réparties.
  • L’environnement bâti pèse davantage que la motivation. La densité de commerces, la continuité des trottoirs et la sécurité des pistes cyclables prédisent mieux l’activité d’une population que ses intentions déclarées.
  • Les politiques restent centrées sur l’individu. Une campagne s’adresse à des personnes ; un aménagement change les conditions dans lesquelles elles décident.
On ne change pas un comportement de masse en s’adressant uniquement à des individus.
Constat récurrent en promotion de la santé

Ce que la cible de 2030 supposerait

Atteindre une réduction de 15 % par rapport à 2010 d’ici 2030 imposerait désormais d’effacer d’abord les cinq points perdus, puis de réaliser la baisse initialement prévue — en moins de la moitié du temps imparti au départ.

Aucune trajectoire nationale connue ne suggère qu’un tel renversement soit en cours. Le sujet le plus utile n’est probablement plus la cible elle-même, mais ce que son échec révèle : la prévention par le message atteint ses limites là où c’est l’environnement qui détermine le comportement.

Sources scientifiques & références

Chaque affirmation factuelle de cet article renvoie à l’une des références ci-dessous. Les liens ouvrent les documents originaux.

  1. Source institutionnelle

    Activité physique — aide-mémoire

    Organisation mondiale de la santé

    who.int

  2. Source institutionnelle

    Lignes directrices sur l’activité physique et la sédentarité

    Organisation mondiale de la santé · 2020

    who.int

  3. Source institutionnelle

    Nutrition et activité physique — repères et données

    Santé publique France

    santepubliquefrance.fr

Mots-clésactivité physiquesédentaritéOMSprévention

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